2.0 – 2.5 g / kg
Le levier numéro un de la préservation musculaire. Plus le déficit est dur et plus tu es lean, plus tu tapes haut dans la fourchette.
Une sèche réussie tient en trois lignes : un déficit calorique modéré (15 à 25 % du TDEE), des protéines hautes (2.0 à 2.5 g par kilo) et une durée maîtrisée (8 à 16 semaines). Pas de magie, pas de protocole secret, pas de coupe agressive qui te flingue six mois de muscu.
On déroule ici la méthode concrète, semaine par semaine, avec les diet breaks, le cardio bien dosé et les signaux à surveiller. Le cadre est volontairement directif : tu peux le suivre comme un protocole et l'ajuster ensuite à ta réalité.
Une sèche, ce n'est pas une perte de poids. Une perte de poids fait tomber la balance, peu importe d'où vient le kilo. Une sèche cherche à réduire spécifiquement le gras tout en préservant — voire en construisant — le muscle déjà en place. C'est une opération chirurgicale, pas un grand ménage.
Conséquence directe : un déficit trop agressif, un manque de protéines ou l'abandon de la muscu lourde transforment ta sèche en simple perte de poids. Tu fonds, mais tu perds une partie du moteur. Au final, ton physique est plus petit, pas plus défini.
Les trois piliers à tenir en parallèle : déficit modéré, protéines hautes, stimulus mécanique conservé. Tout le reste — cardio, refeeds, timing des repas — vient ajuster, pas remplacer.
La règle est simple : un déficit entre 15 et 25 % de ton TDEE, jamais au-delà sur la durée. À 2 800 kcal de maintien, ça donne une cible entre 2 100 et 2 380 kcal. Plus agressif, tu rentres en catabolisme musculaire et tu sacrifies la force.
Pour calculer ton TDEE proprement (Mifflin-St Jeor puis coefficient d'activité), on a écrit le guide calculer ses macros pour la musculation. Compte 15 minutes, tu auras un point de départ fiable.
Repère
Cible perte = 0.5 à 0.8 % du poids / semaine
À 80 kg, c'est 0.4 à 0.65 kg par semaine. En dessous, ton déficit n'est pas suffisant. Au-dessus, tu perds du muscle.
Petite nuance importante : plus tu es lean, plus tu dois te rapprocher de 15 %. À 10 % de gras, un déficit de 25 % est trop violent et tape directement dans le muscle. À 20 % de gras, tu peux te permettre la fourchette haute sur 4 à 6 semaines sans risque.
En sèche, l'ordre de priorité est figé : protéines d'abord, lipides ensuite, glucides en variable d'ajustement. Le but n'est plus seulement de couvrir les besoins, c'est de protéger le muscle pendant que les calories baissent.
2.0 – 2.5 g / kg
Le levier numéro un de la préservation musculaire. Plus le déficit est dur et plus tu es lean, plus tu tapes haut dans la fourchette.
0.8 – 1.2 g / kg
Ne descends jamais sous 0.8 g/kg. En dessous, les hormones (testostérone, leptine, cycle féminin) commencent à décrocher.
Le reste
Variable d'ajustement. Ils nourrissent les séances et le système nerveux. Maintiens-en assez pour ne pas saboter ta force.
Exemple concret : 80 kg, TDEE 2 800 kcal, déficit 20 % → 2 240 kcal cible. Protéines à 2.2 g/kg ≈ 176 g (704 kcal). Lipides à 0.9 g/kg ≈ 72 g (648 kcal). Reste 2 240 − 704 − 648 = 888 kcal de glucides, soit environ 222 g par jour.
Pour creuser la question des protéines (timing, sources, mythes autour du seuil maximal par repas), va lire combien de protéines par jour en musculation. C'est le sujet le plus déterminant de toute sèche.
Un cadre qu'on a vu marcher chez des centaines de pratiquants. Tu n'es pas obligé de tenir 12 semaines pile : ce qui compte, c'est la structure — adaptation, déficit franc, diet break, reprise, atterrissage.
−300 kcal
Déficit léger pour habituer le corps. Pas de cardio additionnel. On installe les routines (logging, prise de poids matinale, hydratation).
−500 kcal
On passe au déficit cible (≈20 % du TDEE). 2 à 3 séances de cardio modéré par semaine, 25 à 40 minutes. La perte se stabilise entre 0.5 et 0.8 %.
≈ Maintien
Une semaine entière à TDEE pour relancer la leptine, restaurer le glycogène, casser la routine mentale. Pas un cheat, une remontée propre.
−500 kcal
Retour au déficit. Si la balance stagne, ajoute une 4e séance de cardio avant de couper davantage les calories. Force = priorité absolue.
Vers maintien
Soit peak week si objectif compétition/photo, soit remontée progressive vers le maintien (+200 kcal par semaine). Évite le rebond brutal.
+100 / +200 kcal
Sur 3 à 6 semaines, ramène doucement les calories à maintien. Tu évites une reprise rapide de gras et tu stabilises ton nouveau poids.
Si tu pars de plus loin (10 % et plus à perdre), tu peux enchaîner deux cycles séparés par 6 semaines de maintien réel. Si tu fais une sèche courte façon mini cut, compresse à 4 à 6 semaines à −500 kcal sans diet break, puis reverse.
Le cardio en sèche sert à ajusterle déficit, pas à le créer entièrement. Si tu dépends de 90 minutes de tapis par jour pour perdre, le jour où tu t'arrêtes tu reprends tout. La base reste l'alimentation.
LISS(low intensity steady state) : marche rapide, vélo modéré, 30 à 45 minutes à 60-70 % de la FC max. C'est l'outil principal en sèche : peu de récupération à payer, aucune interférence avec la muscu, brûle des calories proprement.
HIIT: 15 à 25 minutes d'intervalles intenses. Plus efficace en temps, mais ça pique dans le système nerveux. Garde-le à 1 séance par semaine maximum, jamais le jour d'une séance jambes lourde.
Règle simple : commence avec 2 séances LISS par semaine. Ajoute une 3e si la balance stagne pendant 2 semaines. Une 4e seulement en dernier recours, avant de couper encore les calories.
Plus un déficit dure, plus la leptine chute, plus la dépense énergétique s'adapte à la baisse. Tu fais le même déficit, mais tu perds de moins en moins. Refeeds et diet breaks servent à casser cette adaptation.
Refeed : une journée à TDEE, glucides hauts (5 à 7 g/kg), lipides bas, protéines maintenues. À placer toutes les 1 à 2 semaines à partir de la S4, idéalement le jour de ta plus grosse séance.
Diet break: une semaine complète à maintien réel, toutes les 6 à 8 semaines de déficit. Plus puissant qu'un refeed pour restaurer la leptine et soulager la charge mentale. C'est la S7 du protocole ci-dessus.
Tu vas peut-être prendre 1 à 1.5 kg sur la balance pendant le diet break — c'est de l'eau et du glycogène, pas du gras. Au retour du déficit, ça repart en 4 à 5 jours.
L'erreur classique : « je sèche, donc je fais des séries longues, légères, façon circuit. » Mauvaise idée. Le stimulus qui dit à ton corps « garde ce muscle » est mécanique — la charge, pas le métabolique.
Garde la même structure qu'en prise de masse : 70 à 85 % du 1RM, 4 à 8 reps sur les compounds, 6 à 12 sur les accessoires. Tu peux baisser légèrement le volume (10 à 15 % de séries en moins) parce que la récup est plus lente en déficit, mais l'intensité reste.
Évite les full body épuisants 5 fois par semaine. Un split type Upper/Lower 4 jours ou Push/Pull/Legs 5 jours laisse le temps de récupérer entre les groupes musculaires, ce qui est encore plus important quand les calories sont basses.
Surveille deux indicateurs : ta charge sur les exercices clés (squat, développé couché, soulevé de terre, tractions) et ta tendance de poids hebdomadaire. Comment lire cette tendance sans paniquer sur le bruit du quotidien, on l'a détaillé dans suivi du poids et vraie tendance.
Une sèche se pilote, elle ne se subit pas. Ces quatre indicateurs, à vérifier chaque semaine, te disent quand remonter les calories ou couper court.
Perte trop rapide
Plus de 1 % du poids par semaine sur 2 semaines. Remonte de 150 à 250 kcal, principalement en glucides.
Force qui chute
Tu perds 5 à 10 % sur les compounds en 3 semaines. Diet break immédiat, vérifie les protéines.
Libido en chute
Désir et énergie sexuelle qui s'effondrent = hormones qui décrochent. Remonte les lipides à 1 g/kg minimum.
Fatigue chronique
Sommeil mauvais, humeur dépressive, motivation à zéro plus de 2 semaines. Diet break d'une semaine non négociable.
Pour les femmes, ajoute la régularité du cycle menstruel dans la liste. Un cycle qui s'allonge, devient irrégulier ou disparaît est un signal sérieux que le déficit ou les lipides sont trop bas. On en parle plus en détail dans déficit calorique chez la femme.
Compte 8 à 16 semaines pour une sèche classique, en visant une perte de 0.5 à 0.8 % de ton poids corporel par semaine. Au-delà de 16 semaines de déficit continu, la fatigue, la chute hormonale et l'usure mentale prennent le dessus. Si tu as plus de gras à perdre, mieux vaut alterner une sèche de 12 semaines, une phase de maintien de 4 à 6 semaines, puis reprendre.
L'oxydation des graisses est légèrement plus élevée à jeun, mais sur 24 h la différence est marginale comparée au déficit calorique total. Le cardio à jeun n'est ni magique ni nocif : si tu te sens bien et que ça te discipline, fais-le. Sinon, un cardio modéré après l'entraînement ou un jour off donne les mêmes résultats sur la perte de gras.
Un repas plus copieux une fois par semaine peut casser la routine et soulager mentalement, à condition de rester dans une enveloppe raisonnable. Mais un vrai refeed planifié (glucides hauts, lipides bas, calories proches du maintien) est plus utile physiologiquement qu'un cheat meal anarchique qui te met 1 500 kcal au-dessus de ton objectif.
Trois signaux convergents : ta force chute sur tes exercices clés pendant 2 à 3 semaines consécutives, tu fonds visuellement partout y compris à l'endroit où tu avais du muscle, et la balance descend trop vite (plus de 1 % par semaine). Si deux de ces signaux sont présents, remonte tes calories de 150 à 300 kcal et vérifie que tes protéines sont bien à 2.2 g/kg.
Le principe est identique — déficit modéré, protéines hautes, muscu lourde — mais les femmes ont en général un métabolisme plus bas en valeur absolue, donc un déficit de 300 à 400 kcal est souvent suffisant. Les lipides doivent rester au-dessus de 0.8 g/kg pour préserver les hormones, et les diet breaks autour des cycles peuvent vraiment aider la régularité.
Non. Un refeed est une journée structurée à environ ton TDEE, avec des glucides hauts (5 à 7 g/kg), des protéines maintenues à 2 g/kg et des lipides bas. L'objectif est de relancer la leptine et de recharger le glycogène, pas de compenser émotionnellement. Mange de vrais aliments — riz, pâtes, fruits, pommes de terre — pas une pizza et trois donuts.
TDEE, BMR, répartition protéines/glucides/lipides. Le point de départ obligatoire avant de fixer ton déficit de sèche.
Fourchettes, timing, sources, mythes du seuil par repas. Le levier numéro un de la préservation musculaire en sèche.
Comment lisser tes pesées pour piloter ton déficit sans paniquer sur les fluctuations d'eau et de digestion.
Cibles caloriques, ratio protéines élevé, tendance de poids lissée, réajustement automatique selon ta vraie perte. Tout est dans l'app, modifiable à la main quand tu veux.